Le mode de vie des nonnas, un principe de longévité à suivre

Tandis que vous scrollez sur Instagram, complètement stressée, et que vous en êtes à votre troisième café de la journée, quelque part en Italie, une «nonna» pétrit tranquillement de la pâte. Elle se rapproche des 90 ans, porte une robe en coton à fleurs et a probablement une meilleure qualité de vie que vous. C’est précisément ça, le «nonnamaxxing».

Acqua Panna et sourire aux étrangers

Ce terme est apparu, fin février, sur Instagram, plus précisément sur un moodboard posté par la marque de soins de la peau Tallow Twins sur lequel est écrit: «You need to be nonna-maxxing» («Vis ta vie à fond, à la manière d’une nonna»). Le moodboard est composé d’une multitude de vignettes typiquement associées aux nonnas italiennes, notamment une bouteille d’eau minérale Acqua Panna, une fenêtre symbolisant le fait d’aérer la literie, une chemise de nuit en coton, des plats faits main ou encore une vieille dame souriant aux passants. En légende de la publication, on se réjouit d’un «été de nonna», en référence à la tendance du «brat summer» de 2024.

L’idée est de vivre comme une grand-mère italienne en se déplaçant à pied, en étant présente pour les autres, en regardant les gens passer dans la rue. Bref, au lieu de tout miser sur la productivité, comme le veut la culture de l’optimisation («maxxing»), il s’agit de cultiver pleinement la joie de vivre.

Comme il ressort des commentaires, la tendance touche une corde sensible. «J’essaie de vivre comme une nonna depuis que j’ai 22 ans», écrit Maria. Selon le magazine «Forbes», les requêtes Google relatives au «monnamaxxing» ont augmenté de 700% en une semaine.

La nostalgie de la vie de nonna est aussi un rejet de la quête d’optimisation.Getty Images/Image Source

De nombreuses nonnas ont une longévité particulièrement importante

L’Italie fait partie des pays avec l’espérance de vie la plus élevée dans l’UE. Certaines parties de la Sardaigne sont d’ailleurs considérées comme des zones bleues.

Les zones bleues désignent des régions du monde où une forte proportion de personnes atteignent l’âge de 100 ans et plus. Le terme est apparu en 2004, lorsque des chercheurs ont encerclé au stylo bleu sur une carte des villages dans les montagnes sardes, où la proportion de centenaires était particulièrement élevée.

À ce jour, cinq zones bleues ont été validées scientifiquement:

  • Sardaigne (Italie)
  • Okinawa (Japon)
  • Ikaria (Grèce)
  • Nicoya (Costa Rica)
  • et depuis quelques années aussi la Martinique.
Les facteurs communs de longévité incluent l’alimentation, l’exercice physique, l’intégration sociale et l’environnement. Cependant, la recherche est controversée: les critiques dénoncent la mauvaise qualité des données et mettent en évidence le déclin des modèles de longévité dans certaines régions. Une étude de synthèse parue en 2025 dans la revue scientifique «Experimental Gerontology» a examiné la méthodologie et a classé quatre des cinq zones comme toujours fiables.

Licia Fertz, une nonna de 96 ans de Viterbo, explique sa philosophie de vie au magazine américain «Self»: «Ne te considère jamais comme vieux. Tu es né jeune», dit-elle. Elle dit se maquiller tous les matins et porter des vêtements de couleur, même si elle ne sort pas de la journée. Être présentable est pour elle un geste de respect de soi.

Et elle n’a pas tort. Une récente étude a effectivement établi une corrélation mesurable entre l’attitude face au vieillissement et la vitesse à laquelle les femmes vieillissent réellement sur le plan biologique. À la question de savoir si le vieillissement est une bénédiction ou une malédiction, la professeure de psychologie Sonja Lyubomirsky de l’Université de Californie répond: «Les deux peuvent être vrais. Mais tu as le choix».

Des pâtes faites maison pour les proches: le mode de vie d'une «nonna» passe par l'estomac.
Des pâtes faites maison pour les proches: le mode de vie d’une «nonna» passe par l’estomac.Getty Images/iStockphoto

Les nonnas marchent, même sans podomètre

Les nonnas italiennes ne marchent pas pour atteindre un objectif de pas sur un podomètre. Leurs villes et villages sont conçus pour des trajets courts, dans des ruelles étroites: la voiture, si elles en ont une, reste souvent à l’arrêt. Selon Daniel Lieberman, professeur de biologie évolutive à Harvard, la marche est la forme de mouvement humain la plus fondamentale – des centaines d’études confirment d’ailleurs qu’elle ralentit le processus de vieillissement. Une étude de 2025 publiée dans l’«American Journal of Preventive Medicine» montre que quinze minutes de marche par jour suffisent à réduire le risque de décès prématuré.

La nonna traditionnelle n’est pas non plus une retraitée inactive. Elle va chercher les petits-enfants à l’école, connaît la moitié du quartier et n’hésite pas à se mêler des affaires des autres. Et c’est précisément cela qui la maintient en vie. Une étude de 2020 a révélé que les personnes qui font plus de 100 heures de bénévolat par an ont un risque de mortalité plus faible, sont plus optimistes et cultivent un sens plus fort de la vie. Selon Licia Fertz, «l’ennui est la seule chose qui te fait vieillir».

Garder les petits-enfants, faire le ménage, préparer le dîner: la nonna est constamment active.
Garder les petits-enfants, faire le ménage, préparer le dîner: la nonna est constamment active.Getty Images

Travail acharné

Aussi romantique que cela puisse paraître, le psychothérapeute new-yorkais Jonathan Alpert évalue la tendance de manière objective dans «Self»: «Les jeunes sont épuisés par la pression d’être constamment à fond, productifs et de faire de leur vie du contenu», affirme-t-il. La nostalgie du mode de vie des nonnas traduit, selon lui, une quête d’une vie ancrée et sereine.

Il y a toutefois un revers de la médaille, comme tient à le signaler le «New York Post». Ce que nous avons tendance à idéaliser comme synonyme de lenteur et de confort est en réalité un travail acharné. Comme l’écrit l’auteure Emma Glassman-Hughes, le véritable secret des nonnas n’est peut-être pas tant de profiter de la vie que de consacrer toute son énergie au niveau local. Autrement dit, «c’est le fait qu’elle nourrisse les gens autour d’elle plutôt que d’être en lutte pour obtenir la reconnaissance d’un milliard d’étrangers sur Internet».

Avez-vous une nonna ou en connaissez-vous une? Que pensez-vous de la tendance du «nonnamaxxing»?

Gloria Karthan

Gloria Karthan (glo) travaille pour 20 Minuten depuis 2019. Elle est membre de la direction éditoriale et responsable de l’équipe Lifestyle.

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