Les anciens Sud-Américains sont arrivés en trois vagues et avaient d’étonnants ancêtres

C’est une coiffe amérindienne stylisée, aux plumes multicolores, qui s’affiche à la une de Nature. La multiplicité des couleurs représente la variété génétique au sein des populations autochtones du continent américain, et les trois grandes plumes au sommet symbolisent les grandes vagues migratoires qui ont façonné le peuplement de l’Amérique du Sud.

Cette région du monde serait la dernière avoir été peuplée par des humains modernes. Jusqu’à présent, on pensait que leur installation s’était faite en deux vagues, l’une il y a environ 15 000 ans et la suivante 6 000 ans plus tard. Mais l’étude publiée le 22 avril, que la revue britannique met à l’honneur dans son édition datée du 7 mai, apporte un éclairage entièrement nouveau.

“Les données révèlent au moins trois vagues de peuplement distinctes en Amérique du Sud, ainsi qu’un ancrage et une adaptation aux différents environnements sur le long terme”, résume Nature dans la page de présentation de sa couverture, dont le titre est “Cap au Sud”. “Le séquençage de l’ADN permet de cartographier les vagues de peuplement sur le continent sud-américain et de rendre compte de la diversité des Amérindiens”, appuie le sous-titre.

De nombreux variants génétiques

Pour cette étude, les chercheurs ont travaillé en partenariat avec les communautés autochtones. Ils ont séquencé le génome, c’est-à-dire le matériel génétique complet, de 148 individus appartenant à 45 groupes ethniques distincts à travers huit pays d’Amérique latine. Puis ils ont combiné ces données à d’autres, issues de précédents travaux, pour lesquels les génomes d’individus anciens et d’autres de populations actuelles ont été séquencés, afin d’explorer comment les schémas de variation génétique ont évolué dans le temps et l’espace. Un travail d’autant plus important que les populations autochtones des Amériques ont historiquement été sous-représentées dans la recherche génomique.

Non seulement cette étude a mis en évidence une troisième grande vague de peuplement à travers le continent et jusqu’aux Caraïbes il y a environ 1 300 ans, mais elle a aussi permis d’identifier de nombreux variants génétiques qui n’avaient jamais été trouvés chez d’autres populations, et qui pourraient résulter de l’adaptation des humains à travers les âges aux lieux où ils se sont installés.

Ces découvertes pourraient avoir des retombées concrètes, espèrent les chercheurs. Dans une note également parue dans Nature, accompagnant la publication de leurs travaux, ils écrivent :

“Une meilleure caractérisation de cette diversité [génétique] pourrait améliorer la recherche médicale et promouvoir des soins de santé plus équitables.”

Enfin, l’étude reproduit d’étonnants résultats de travaux passés : certains individus de ces populations autochtones d’Amérique latine portent dans leur ADN les traces d’un ancêtre australo-asiatique, partageant environ 2 % de leur patrimoine génétique avec des individus d’Australie, de Nouvelle-Guinée et des îles Andaman.

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