Dans un communiqué diffusé le 30 avril dernier, le SSMSI rappelle que 968 faits avaient été enregistrés en 2024, en hausse de 11% par rapport à 2023. Entre 2022 et 2025, ces infractions ont augmenté de 45%.
Le service statistique note que « la Corse et les départements et régions d’outre-mer concentrent le nombre le plus élevé d’atteintes à la probité enregistrées rapportées au nombre d’habitant, en comparaison avec l’Hexagone ».
On entend par atteintes à la probité, les infractions de corruption, concussion, prise illégale d’intérêts, trafic d’influence, favoritisme et détournement de fonds publics. Elles sont dans le champ de compétence matérielle de l’Agence française anticorruption (AFA), créée en 2016.
En décembre, la Cour des Comptes avait alerté sur l’augmentation du nombre de faits constatés par la police et la gendarmerie, en insistant sur la « faible connaissance de la prévalence de la corruption et de son évolution ».
« La lutte contre la corruption répond à des impératifs démocratiques et économiques mais sa cible est complexe car elle vise un phénomène occulte par définition et souvent lié à d’autres infractions », avaient écrit les auteurs du rapport de la Cour.
Ils avaient en outre relevé, au travers des enquêtes de victimisation, « que la corruption n’était pas un phénomène marginal (entre 0,5% et 1% de la population adulte de l’Hexagone estime qu’elle a été victime de tentatives de corruption) et qu’elle concernait aussi bien les particuliers que les entreprises ou les administrations ».
Le SSMI souligne pour sa part que selon l’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS), « 188 000 personnes de 18 ans et plus vivant en France hexagonale, Martinique, Guadeloupe et à La Réunion avaient déclaré avoir été confrontées à une situation de corruption dans le milieu professionnel en 2023, soit 0,4% de l’ensemble de la population majeure ».
Dans 15% des cas, selon cette enquête, l’objectif était d’obtenir un service (une place en crèche par exemple) ou d’en accélérer l’obtention.
Néanmoins, dans les procédures clôturées entre 2016 et 2023, ce sont à peine 1 700 personnes physiques victimes d’infractions d’atteinte à la probité qui ont été enregistrées par la police et la gendarmerie.
Selon l’enquête VRS citée par le SSMI, « moins de 1% des personnes physiques majeures victimes de corruption active au passive dans un cadre professionnel portent plainte.
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