Les efforts les plus efficaces pour réduire la violence au Soudan (…)

Quatre ans après le début d’une guerre dévastatrice, le Soudan demeure une priorité diplomatique. Les initiatives de médiation se sont multipliées, mais une véritable avancée politique reste hors de portée et la frustration grandit.

Tiré d’Afrique en lutte.

Ce sombre tableau présuppose que la paix ne viendra qu’après la négociation d’un cessez-le-feu national entre les principaux acteurs armés. Or, cette hypothèse occulte la réalité du terrain. Au Soudan aujourd’hui, on observe certes une baisse tangible de la violence, mais elle est le fruit d’initiatives locales et non de négociations formelles.

Durant les premiers mois de la guerre, alors que les efforts internationaux se concentraient sur la négociation d’une trêve humanitaire, les communautés locales négociaient discrètement leurs propres accords. Chefs tribaux, personnalités religieuses, réseaux de jeunes et membres de la communauté se sont mobilisés pour la médiation, souvent au péril de leur vie. Ils ont facilité des cessez-le-feu locaux, des pactes de non-agression, l’accès humanitaire et des voies d’évacuation pour les civils.

  • Ces efforts ont rarement fait la une des journaux. Pourtant, ils ont sauvé des vies. Et ils se poursuivent aujourd’hui.

Ils interviennent dans un contexte profondément fracturé. Des années de guerre ont exacerbé les divisions, érodé la confiance et alimenté les ressentiments. Un accord national peut certes mettre fin aux combats de grande ampleur, mais il ne saurait, à lui seul, panser les plaies de la société. Même si un accord de paix était signé demain, le Soudan serait encore loin d’une paix véritable. C’est pourquoi la consolidation de la paix au niveau local devient indispensable.

Sauver des vies au Darfour

Dans des localités comme Zalingei, dans l’État du Darfour central, nous avons constaté ce qui est possible. Lorsque la guerre a éclaté ici en 2023, des jeunes formés à la consolidation de la paix se sont mobilisés et ont collaboré avec les anciens et d’autres personnalités respectées de la communauté pour apporter une réponse. Ils ont relogé les civils des quartiers situés en première ligne, protégé les hôpitaux et diffusé des informations pratiques sur la sécurité auprès des populations sous le feu ennemi. Ils ont également agi par l’intermédiaire de personnes respectées au niveau local pour dialoguer avec les groupes armés, contribuant ainsi à un cessez-le-feu local qui a tenu plusieurs semaines, sauvant de nombreuses vies au milieu de violents combats de rue et permettant l’acheminement de l’aide humanitaire et des services essentiels.

Au Darfour, des dynamiques similaires se mettent en place avec des comités de paix locaux et des structures de médiation, où des acteurs communautaires tels que les chefs tribaux et les groupes de jeunes sont à l’origine du changement. Dans un contexte de tensions communautaires exacerbées, ces comités œuvrent sans relâche pour apaiser les conflits, négocier un accès partagé aux ressources et maintenir un minimum de coexistence entre les communautés, souvent sans reconnaissance internationale et au prix de risques personnels considérables.

Bien que séparés par les lignes de front, les affiliations politiques ou les zones de contrôle, ils échangent des informations et interagissent entre eux dans un contexte où la plupart des autres formes de connexion se sont rompues.

Moins visible, mais tout aussi importante, est la résilience de l’infrastructure de consolidation de la paix que représentent ces acteurs. Bien que séparés par des lignes de front, des affiliations politiques ou des zones de contrôle, ils échangent des informations et dialoguent dans un contexte où la plupart des autres formes de connexion se sont rompues. Cette identité partagée d’artisans de la paix sert de pont pour maintenir des relations essentielles à la consolidation de tout futur processus de paix.

Voilà à quoi ressemble le progrès dans la guerre au Soudan : non pas des percées spectaculaires dans des capitales lointaines, mais des avancées progressives dans de petits villages : une route qui reste praticable, une clinique aux portes ouvertes, une conversation qui ne dégénère pas en violence.

Des ressources supplémentaires sont nécessaires

Malheureusement, ces efforts incroyables restent sous-estimés et sous-financés.

Cela n’a aucun sens. Investir dans la consolidation de la paix ancrée dans le contexte local est relativement peu coûteux et a fait ses preuves. Cette approche s’appuie sur les capacités existantes plutôt que de réinventer la roue. Elle renforce la médiation de haut niveau car les initiatives locales permettent de reconnecter les processus politiques aux réalités qu’ils visent à résoudre. Elle garantit également que les accords politiques ne soient pas élaborés en vase clos, mais qu’ils soient enracinés dans la réalité du terrain.

Pour que les efforts internationaux restent pertinents face aux crises actuelles, ils doivent reconnaître le rôle essentiel du peuple soudanais dans la construction de sa propre paix.

Après plus de trois ans de guerre au Soudan, il est temps de repenser notre approche de la paix en élargissant notre perspective diplomatique. La paix ne viendra pas uniquement d’une diplomatie imposée d’en haut. Elle doit aussi se construire à la base, par ceux qui, même en temps de guerre, continuent de privilégier le dialogue à la division.

Pour que les efforts internationaux restent pertinents face aux crises actuelles, ils doivent reconnaître le rôle essentiel du peuple soudanais dans la construction de sa propre paix.

Au Soudan comme ailleurs, les fondements de la paix existent. Ils ne surgissent pas de l’extérieur, mais peuvent être consolidés par les efforts internationaux. Il est temps d’adapter notre soutien à cette réalité.


Haoliang Xu, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et administrateur associé du Programme des Nations Unies pour le développement

Source : https://www.thenewhumanitarian.org

Traduction automatique de l’anglais

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.