Les paramilitaires restent près de Khartoum, prêts pour une guerre longue, dit leur chef

Le chef des paramilitaires soudanais a affirmé que ses forces étaient prêtes à combattre pendant des décennies si nécessaire dans la guerre contre l’armée, avertissant que certains de ses combattants restaient positionnés à la périphérie de Khartoum, contrôlée par les forces régulières. « Nous ne voulons pas que cette guerre continue », a lancé Mohamed Hamdane Dagalo à un groupe de combattants dans un lieu non divulgué tard mercredi, mais « s’ils (l’armée) veulent qu’elle dure 40 ans, elle continuera jusqu’à ce qu’ils soient déracinés ».

Les déclarations du chef des Forces de soutien rapide (FSR), qui figurent dans une vidéo partagée par des médias locaux, interviennent un jour après que le gouvernement aligné sur l’armée a accusé l’Ethiopie et les Emirats arabes unis d’avoir lancé des attaques de drones sur plusieurs Etats du Soudan depuis le territoire éthiopien, notamment contre la capitale et son aéroport. Les deux pays ont nié ces accusations, que l’AFP n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante.

M. Dagalo a ajouté qu’une partie de ses forces n’avait pas quitté la capitale et restait positionnée à la périphérie d’Omdourman, de l’autre côté du Nil face au centre de Khartoum. La capitale soudanaise, qui connaît un calme relatif depuis sa reprise en mars 2025 par l’armée, a été visée plusieurs fois ces deux dernières semaines.

Des frappes de drones ont tué cinq civils dans un véhicule dans le sud d’Omdourman, endommagé un hôpital et touché l’aéroport. Plus de 1,8 million de déplacés sont revenus dans la capitale depuis sa reprise, selon les chiffres de l’ONU, pour y trouver des infrastructures délabrées et un accès limité à l’électricité et à l’eau.

Les attaques de drones menées par les deux camps se sont intensifiées à travers le pays ces derniers mois, tuant près de 700 civils depuis janvier, d’après l’ONU. La guerre, désormais dans sa quatrième année, a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé des millions de personnes et provoqué une crise humanitaire majeure.

Les efforts pour y mettre fin ont jusqu’ici échoué, les deux camps ne parvenant pas à s’entendre sur un cessez-le-feu humanitaire. Le chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhane a répété à plusieurs reprises que ses forces combattraient jusqu’à la victoire, affirmant que la guerre ne prendrait pas fin tant que les FSR ne déposeraient pas les armes. En dehors de Khartoum, les combats continuent sur plusieurs autres fronts, notamment dans le Kordofan du Sud et l’Etat du Nil Bleu, près de la frontière éthiopienne.


Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.