Audrey Desnos
Publié le
« Je crois aux liens de proximité », confie la femme de 56 ans. Depuis plus d’un an, Dominique Fonteneau et une équipe de bénévoles s’investissent pour transformer une ancienne bâtisse située à Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique) en une maison intergénérationnelle. Ce lieu accueillera des familles monoparentales, des jeunes actifs et des personnes âgées.
Trouver la bonne maison
L’idée de ce projet est née de Dominique elle-même. En quittant son emploi en août 2024, elle s’est remémoré une discussion avec une amie remontant à plus de 30 ans, au sujet des habitats intergénérationnels, courants en Allemagne. « Ça me parlait. J’avais l’exemple de ma grand-mère, dès qu’elle voyait des enfants, j’avais l’impression qu’elle se réveillait », raconte-t-elle, présente sur le chantier.
Avec son mari, le couple a cherché une maison qui répondait à plusieurs critères : être située à moins de 50 km de leur domicile à Notre-Dame-des-Landes, en plein centre-bourg, à proximité de commerces, d’une école et d’un environnement vivant.
C’est ainsi qu’ils ont trouvé cette maison, qui était en vente depuis 18 mois à Moisdon-la-Rivière. Ils en sont devenus propriétaires à la fin du mois de mars 2025.
Une maison chargée d’histoire
La maison, bien connue des habitants de Moisdon-la-Rivière, est riche d’un passé particulier. Dominique Fonteneau a échangé avec d’anciens occupants des lieux pour en apprendre davantage sur son histoire.
En 1920, cette bâtisse avait été donnée au diocèse sous condition qu’une école pour garçons soit construite, avec un lieu d’accueil pour les frères qui y vivaient. Après leur départ, l’école a été transférée, et des sœurs ont ensuite pris possession des lieux. « Elles sont parties il y a trois ans, pour rejoindre le presbytère. Dans cette maison, on m’a aussi raconté qu’il y avait une cantine et une bibliothèque », raconte Dominique.
Six appartements créés
Une fois rénovée, la maison intergénérationnelle sera divisée en plusieurs espaces. Elle comprendra trois appartements de 40 m² pour des seniors, deux appartements de 75 m² avec trois chambres pour des familles monoparentales, ainsi qu’un appartement de 40 m² destiné à des jeunes actifs. « Chacun est indépendant, ce n’est pas de la colocation », précise Dominique Fonteneau.
Des espaces communs seront aménagés pour favoriser les interactions entre les habitants. Ils incluront une grande pièce de vie destinée aux rencontres et aux réceptions, un jardin, un garage et une buanderie équipée.
Un gîte sera également disponible au bout de la maison. Celui-ci pourra servir de chambre d’amis pour les résidents. Les loyers permettront de financer le poste d’une coordinatrice de maison, qui interviendra trois fois par semaine.
« L’objectif est de lutter contre l’isolement »
Bien que Dominique et son mari soient propriétaires des lieux, l’organisation quotidienne de la maison sera confiée à l’association Le Pass’âges Ensemble, dont Dominique est membre. « Nous sommes neuf dans le conseil d’administration, sans oublier la trentaine de bénévoles », précise-t-elle.
Les travaux de rénovation ont été réalisés par des artisans locaux pour le gros œuvre. Les bénévoles se sont chargés eux-mêmes du second œuvre, en privilégiant des matériaux naturels. « Nous avons également ouvert une cagnotte pour financer l’ameublement des espaces communs et les ateliers intergénérationnels. Elle vient de se clôturer et nous avons collecté 10 000 € », explique Dominique Fonteneau.
Des ateliers en construction
Les ateliers intergénérationnels devraient débuter en septembre 2026. Organisés deux fois par mois, ils accueilleront des groupes de 10 à 12 personnes et proposeront des activités variées : cuisine, sophrologie, bricolage sur bois, jeux, jardinage ou encore ateliers d’écriture.
Le gîte sera opérationnel dès ce mois de mai, tandis que les appartements seront ouverts à la location à partir de mars 2027. « Le but est qu’il y ait de l’entraide entre les habitants. Ils ne seront pas forcés, mais sélectionnés selon leur envie de partager. Des petites choses, des petites attentions », ajoute Dominique.
Des portes ouvertes sont prévues les 27 et 28 juin 2026. Parallèlement, l’association continue de chercher des financements pour ses activités, notamment en participant à des événements comme des vide-greniers ou des marchés de Noël.
« L’après sera de prouver que ça fonctionne et d’en faire de nouvelles, mais cette fois-ci pas dans le cadre privé. L’objectif est de lutter contre l’isolement », conclut Dominique.
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