Le pouvoir militaire malien a tenté de montrer sa force samedi 9 mai à Bamako.
Environ un millier de personnes se sont rassemblées dans la capitale à l’appel de la junte pour afficher leur soutien aux forces armées maliennes et au général Assimi Goïta, alors que le régime traverse l’une des crises les plus graves depuis le coup d’État de 2020.
Des hommes, des femmes et de nombreux jeunes ont défilé aux couleurs du drapeau malien, scandant des slogans patriotiques et hostiles à la France.
“A bas la France” ou encore “Non aux traîtres de l’intérieur” ont été entendus dans la foule, selon un journaliste de l’AFP présent sur place.
La junte fragilisée par une offensive sans précédent
Cette démonstration de soutien intervient après les attaques coordonnées des 25 et 26 avril menées par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et les rebelles touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA).
Les assauts ont profondément déstabilisé le régime militaire.
Le ministre de la Défense Sadio Camara, considéré comme l’un des piliers de la junte, a notamment été tué lors d’une attaque à Kati, près de Bamako.
Depuis cette offensive, plusieurs localités stratégiques du nord du Mali sont tombées sous le contrôle des groupes armés, dont la ville emblématique de Kidal.
Bamako sous pression économique
Autre source d’inquiétude pour les autorités : le blocus routier imposé depuis le 30 avril par les jihadistes sur plusieurs axes menant vers Bamako.
Ce verrouillage perturbe fortement l’approvisionnement de la capitale malienne, dépendante des importations routières.
Les groupes armés ont également incendié plusieurs convois de marchandises ces derniers jours, accentuant les tensions économiques et humanitaires dans plusieurs régions du pays.
“Dire non à la division du Mali”
Lors du rassemblement de samedi, plusieurs personnalités ont pris la parole pour défendre l’unité nationale face aux groupes armés.
Le célèbre griot malien Bourama Soumano a notamment appelé à faire bloc derrière l’armée.
“Participer au meeting, c’est dire non à la division du Mali”, a-t-il déclaré devant les manifestants.
Un autre rassemblement de soutien, plus modeste, a également eu lieu à Sikasso, dans le sud du pays.
Arrestations et climat de tension
Depuis les attaques de fin avril, plusieurs arrestations ont été signalées dans les zones contrôlées par la junte.
Des opposants politiques, mais aussi des militaires soupçonnés de complicité avec les groupes armés, auraient été interpellés ces derniers jours.
Le Mali traverse aujourd’hui une période de très forte instabilité sécuritaire, politique et économique, alors que les groupes jihadistes étendent leur influence sur de larges portions du territoire.
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