Morbihan : un appartement autour de 1 000€, un nouveau mode de vie pour les seniors ?

Pas chère, adaptée et sécurisante, idéale aussi pour rompre l’isolement, la colocation pour seniors encore autonomes est certainement un concept qui est appelé à se développer dans les années à venir. À Pluvigner et à Camors (Morbihan), deux projets sortent actuellement de terre. L’un équipé de quatre appartements et l’autre de quatre chambres, prolongés par des pièces communes. Avec un loyer aux alentours des 1 000 €.

Quatre beaux appartements et des pièces communes

Olivier Guéhennec est fier. Cet ancien artisan en retraite, vient de construire la première colocation pour seniors autonomes. Là, à quelques mètres du clocher de l’église de sa commune d’origine, Pluvigner. C’est sur un terrain qui accueillait autrefois des jardins familiaux qu’il a conçu cet ensemble d’une superficie de 360 m2 qui comprend quatre appartements de 55 m2 chacun.

« L’idée nous est venue avec mon épouse lorsque l’on a commencé à réfléchir sur la situation de sa maman, il y a 2 ans. Elle était encore autonome, raconte Olivier Guéhennec. Mais aujourd’hui, ce n’est malheureusement plus le cas. »

Le projet est déjà lancé, « et nous étions toujours persuadés qu’il répondait à un réel besoin.

« Les structures collectives qui existent sont souvent destinées aux personnes âgées dépendantes. Elles sont médicalisées et coûtent bien plus cher. »

Olivier Guéhennec, à l’initiative du projet.
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Là, il faut compter 970 € de loyer auxquels il faut rajouter 200 € de charges.

Elle affiche déjà complet !

Cette construction neuve offre forcément tous les atouts en matière de fonctionnalité et de confort. Les appartements, en plus d’être vastes, ont une cuisine tout équipée, une chambre et une vaste salle de bains (avec douche à l’italienne). Chaque logement possède un accès indépendant.

La colocation pour seniors de Pluvigner possède quatre appartements de 55 m2 totalement indépendants et un espace commun au centre avec salon et cuisine équipée si les résidents souhaitent manger ensemble. ©Colocation Té Ha Mé

« Il est bien évident que les personnes ciblées sont celles qui se retrouvent seules chez elle, isolées de tout, donc en campagne, dans une maison qui n’est plus adaptée. C’est l’étape avant de rentrer plus tard dans une structure médicalisée, poursuit Olivier qui a investi 1 M€ dans ce « projet familial » puisque tout le monde a mis la main à la pâte jusqu’aux petits enfants.

Lui, le manuel de la famille, va d’ailleurs laisser la gestion de la structure à son épouse Nicole et à sa fille Camille.

Baptisée « Te Ha Mé » (toit et moi en breton), la colocation est déjà un succès puisque les quatre locataires y entrent ces jours-ci. « Nous n’avons même pas eu besoin de faire de la publicité ».

Olivier Le Ferrand s'est servi de son expérience personnel pour concevoir cet habitat partagé.
Olivier Le Ferrand a racheté l’ancien cabinet de kinésithérapie pour y concevoir une colocation de quatre chambres à destination de seniors autonomes. ©G.Q.

Un autre projet avec quatre chambres

Au plus proche des infirmières extérieures qui continueront à effectuer les soins auprès de leurs patients, Olivier met un point d’honneur à faire en sorte « que les locataires se sentent vraiment chez eux. S’ils ont envie de partager une activité ensemble, il y a la grande salle avec son coin salon et sa cuisine. Et si, demain, cette structure n’est plus adaptée pour eux, il faudra leur trouver une autre solution ».

À même pas 10 kilomètres de là, un autre projet privé est en cours de réalisation. Olivier Le Ferrand, chef d’entreprise installé juste à côté à Baud, a racheté l’ancien cabinet des kinésithérapeutes de Camors. Au 1er étage, il en a fait un appartement destiné à la location. Et au rez-de-chaussée, une colocation pour des seniors aussi autonomes. Sauf que là, point d’appartement, mais quatre belle chambre de 18 à 22 m2.

Lui aussi s’est imprégné de son expérience personnelle pour imaginer ce concept. Avec des loyers en plus accessibles : 750 à 850 € en fonction de la superficie auxquels il faut rajouter 150 à 200 € de charges.

« On touche une catégorie de retraités qui ne bénéficient pas de gros revenus. En zone rurale, les personnes n’ont pas souvent les moyens de s’offrir des structures d’accueil pour 2 000 à 3 000 € par mois ».

Olivier Le Ferrand, à l’initiative d’un autre projet.
L'ancien cabinet des kinésithérapeutes de Camors sera transformé en une colocation pour séniors.
L’ancien cabinet des kinésithérapeutes de Camors sera transformé en une colocation pour seniors. Les travaux seront terminés d’ici la fin de l’année. ©Colocation Ti Ar Palmez

Une solution pour redensifier les centres-villes

Les deux porteurs de projets sont convaincus que ce type d’habitat partagé pourrait également aider à redensifier les centres-villes.

« En réhabilitant des immeubles qui ne sont plus adaptés, des habitations ou des logements vides, on pourrait permettre à celles et ceux partis vivre en campagne de revenir habiter en ville ».

Mais pour cela, Olivier Guéhennec suggère que les communes apportent aussi une aide financière « pour aider les propriétaires de ces biens à franchir le pas. »

Contacts : Olivier Guéhennec (07 86 17 76 28) – Olivier Le Ferrand (06 58 67 99 11)

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