Qui ramènera la paix au conseil municipal de Tracadie?

À Tracadie, les élections municipales, c’est un peu comme un sport extrême. Il y a beaucoup de participants et ça joue dur.

Les électeurs auront l’embarras du choix le 11 mai : 5 candidats à la mairie et 32 candidats pour dix postes de conseillers.

Dans le quartier numéro 1, à Tracadie, Patrick Legault, qui avait organisé des réunions pour s’opposer à la création d’un refuge pour personnes sans-abri dans le secteur de Six Roads, se présente comme conseiller. Il tente de devancer la conseillère sortante, Chantal Mazerolle.

Photo : Radio-Canada / Mario Landry

Aux yeux de plusieurs, après des années de disputes entre les élus municipaux, la question est de savoir qui sera le plus apte à faire régner l’harmonie.

C’est rendu trop loin, lance une résidente, Suzanne Thériault, à la sortie d’un dépanneur de Leech, dans la municipalité. Ce ne sont plus des débats, là.

Depuis les dernières élections, les dossiers qui ont divisé le conseil municipal incluent l’utilisation de l’ancien champ de tir et l’installation d’un centre de réchauffement pour les personnes sans-abri, entres autres.

Le maire sortant, Denis Losier, et des conseillers ont été visés par de nombreuses plaintes citoyennes.

Faire le saut

Guy Basque est conseiller depuis cinq ans. Il se dit maintenant prêt à faire le saut pour la grande chaise de magistrat. Ce mécanicien de formation pense que, si le conseil municipal était une voiture, elle aurait besoin d’une mise au point.

Ça jase beaucoup dans la communauté, affirme-t-il. Les gens dans la communauté, à un moment donné, disent qu’ils en ont assez. Ils veulent que ça arrête.

Guy Basque, à Tracadie.

Guy Basque constate que les résidents de Tracadie en ont assez des disputes au conseil municipal. Il estime qu’il pourrait, en tant que maire, contribuer à faire disparaître les tensions.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Ramener la paix

Stéphane Richardson a plus d’une corde à son arc. Il se dit à la fois entrepreneur et sociologue. Il assure qu’il est dans la course.

J’ai beaucoup d’appuis, estime-t-il. Il est persuadé qu’il a les outils pour ramener la paix.

Stéphane Richardson, à Tracadie.

Stéphane Richardson, candidat à la mairie de Tracadie, estime qu’il est en mesure de faire ressortir le meilleur de chaque membre du conseil municipal.

Photo : Facebook/Stéphane Richardson

Il y a toujours les post-traumatismes, explique-t-il. Mais ces gens qui sont au conseil, avec un leader, vont toujours avoir le meilleur à offrir. Et s’ils ne l’ont pas, je vais les aider à sortir le meilleur de ces conseillers-là.

L’humour comme arme secrète

Clifford Robichaud est de nature calme.

Certaines personnes vont dire endormi, peut-être, dit-il d’un air amusé. Mais oui, je suis de nature calme.

Clifford Robichaud.

Le directeur général de la caisse populaire locale, Clifford Robichaud, estime que les mésententes à répétition au conseil municipal de Tracadie font fuir les investisseurs. Il tente de se faire élire comme maire.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Directeur de la caisse populaire locale, il sait que les disputes publiques ne sont pas bonnes pour les affaires.

Je vois des choses, j’entends beaucoup de commentaires, souligne-t-il. La plupart des commentaires que j’entends, c’est sur l’image de la municipalité.

Il pense qu’il possède une arme secrète pour désamorcer des situations tendues.

Je suis humoriste dans l’âme, dit-il, d’un air sérieux malgré tout. L’humoriste en moi, justement, ça détend souvent l’atmosphère.

Ne pas endormir les électeurs

George McLaughlin, qui se fait appeler Georgie, a été conseiller municipal au début de sa vingtaine.

Il est surpris de constater à quel point l’atmosphère s’est dégradée autour de la table des élus.

Je crois que les gens ont honte et, avant tout, sont déçus, constate-t-il.

Georges McLaughlin.

George McLaughlin souligne qu’il a été le plus jeune conseiller municipal au Nouveau-Brunswick, à l’âge de 23 ans. Il tente un retour au sein du conseil municipal de Tracadie, cette fois-ci en tant que maire.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Même s’il est hypnologue, il n’a pas l’intention d’endormir les électeurs.

Je vous rappelle ceci : l’hypnose, avant toute chose, c’est de la communication, insiste-t-il.

Le maire sortant fait une pause

Le maire sortant, Denis Losier, se dit un peu épuisé par autant de discorde. Il sollicite un troisième mandat à la mairie de Tracadie, mais il a préféré faire une pause et ne pas accorder d’entrevue.

Un homme à son bureau devant un ordinateur.

Le maire sortant de Tracadie, Denis Losier, excédé par les nombreuses mésententes autour de la table du conseil municipal, a préféré ne pas accorder d’entrevue.

Photo : Radio-Canada / René Landry

À Tracadie, les électeurs devront donc choisir qui, de cet enseignant à la retraite, d’un entrepreneur sociologue, d’un directeur de caisse populaire humoriste, d’un mécanicien-chef d’équipe ou d’un hypnologue, saura apaiser les tensions.

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