Sécurité, vie chère, accès à l’eau : Thierry Devimeux fait le point sur les dossiers brûlants en Guadeloupe

Sécurité, vie chère, carburants, logement social, accès à l’eau ou encore sargasses : plusieurs sujets sensibles ont été abordés ce mercredi (6 mai).

Sur la question de l’eau, le Préfet de Région et invité de l’édition du soir ce mercredi, Thierry Devimeux, a reconnu l’urgence de la situation.

Une urgence sur la situation de l’eau

Selon ce dernier, il faut accélérer les réparations du réseau pour limiter les coupures et les pertes d’eau, même si des améliorations durables prendront encore plusieurs années :

Tous les jours, en Guadeloupe, il y a entre 50 000 et 60 000 personnes qui n’ont pas d’eau au robinet. Ce n’est pas toujours les mêmes, car cela peut tourner par des tours d’eau, mais c’est un nombre absolument insupportable. Il y a un besoin réel d’accélérer la résolution de ce problème, qui est à la fois très simple et très complexe. Très simple parce qu’il suffit de réparer ou de changer les tuyaux. Très complexe, car il y a tellement de fuites que cela coûte très cher, mobilise de nombreux acteurs et que l’on progresse lentement : dès que le syndicat répare un point, une nouvelle fuite apparaît trois mètres plus loin. L’État accompagne ce dossier, même s’il n’a pas de compétence directe, car il ne peut rester insensible à la détresse des Guadeloupéens. Dans un pays développé comme la France, nous nous devons d’apporter un service public de qualité. Le président du département a proposé d’élargir l’expérimentation à toute l’île dès 2027, avec un financement de 110 millions d’euros. Mais cela prendra quatre à cinq ans. Ça ne se fera pas d’un coup de baguette magique.

Miser sur la valeur ajoutée locale

Pour le préfet, la lutte contre le chômage, notamment chez les jeunes, passe par une souveraineté économique accrue, notamment dans le secteur agricole pour réduire la dépendance aux importations. Interrogé sur sa vision de la croissance régionale, il a précisé :

Pour soutenir l’emploi, nous devons disposer d’une économie dynamique, et c’est le cas. Mais cette économie doit être en mesure de créer du travail, car c’est le fondement de notre pacte social. Sans travail, il n’y a pas d’émancipation. Nous devons offrir des opportunités à notre population, surtout aux jeunes, via une économie capable de générer de la valeur ajoutée. Il nous faut, par exemple, développer une agriculture nourricière afin de ne plus dépendre de l’importation de poulet ou de poisson, mais s’appuyer sur nos propres richesses. Le rôle de l’État est d’encourager le tissu économique à créer cette valeur, facteur essentiel d’insertion sociale.

Un appel aux bailleurs des logements sociaux

Le secteur du logement social est en tension, avec 10 communes sur 32 en situation de carence. Le préfet a annoncé le déblocage rapide de fonds, tout en mettant la pression sur les acteurs du secteur pour que les projets sortent de terre.

Sur la question du manque de logements, Thierry Devimeux détaille les moyens financiers mobilisés :

Dix communes du territoire sont actuellement déficitaires en logements sociaux. C’est un besoin réel. Il faut savoir qu’aujourd’hui, 9 000 logements attendent la fin de leurs travaux pour que nous complétions le financement des bailleurs. C’est un chiffre considérable. Cette année, la ligne budgétaire unique a été fixée à 15 millions d’euros, ce qui va nous permettre d’engager très vite les opérations prêtes. Nous allons allouer 8 millions à la construction et 7 millions à la rénovation de l’habitat, deux axes très attendus. J’attends désormais que les bailleurs présentent leurs projets d’ici la fin juin. Si nous engageons tout rapidement, je pourrai retourner vers le Gouvernement pour dire que la Guadeloupe est prête et solliciter une enveloppe complémentaire.

Face aux revendications des syndicats de police et à l’évolution de la délinquance, la préfecture mise sur une réorganisation des méthodes de travail et un déploiement massif de la vidéosurveillance.

Évoquant les moyens mis à disposition des forces de l’ordre, il explique sa stratégie :

Le dialogue avec les syndicats existe à tous les niveaux. Je comprends leurs attentes, mais avant de réclamer plus de moyens, il faut s’assurer que notre travail est adapté aux enjeux actuels. Je demande aux forces de l’ordre d’être agiles dans leurs procédures et leurs horaires. Si la délinquance frappe la nuit ou le week-end, il faut s’adapter à ce rythme. Pour compléter l’action humaine, j’ai lancé un grand projet de renforcement de la vidéoprotection sur toute la Guadeloupe avec les communes. C’est en cours de déploiement. Les caméras ont un effet dissuasif et, en cas de passage à l’acte, elles facilitent grandement les enquêtes. Nous cherchons ensemble les meilleures réponses pour la population.

Les sargasses, un enjeu de santé publique

Sur le dossier des algues brunes, si l’État finance les opérations de ramassage des mairies à 100%, la priorité se déplace désormais vers l’impact sanitaire des émanations de gaz sur les riverains.

Concernant la gestion de ce fléau environnemental, le préfet a clarifié les rôles de chacun :

Juridiquement, l’échouage des sargasses relève du pouvoir de police sanitaire du maire. Cependant, comme le sujet est complexe et les budgets locaux limités, l’État prend en charge 100% des dépenses effectuées par les maires pour protéger le littoral. C’est une complémentarité nécessaire. Parallèlement, l’État travaille sur une question cruciale : l’impact sur la santé. Nous menons des études pour mesurer l’effet des gaz respirés au quotidien par ceux qui vivent à proximité. Beaucoup d’habitants signalent des maux de tête ou des difficultés respiratoires ; il faut objectiver ces témoignages par des études médicales sérieuses pour, si besoin, prendre les mesures de santé publique qui s’imposent.

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