Shein et Temu continuent de commercialiser des produits dangereux: après avoir pris ses propres mesures, la France met désormais la pression sur Bruxelles pour mieux encadrer les plateformes en ligne
Paris est en pointe de la lutte contre les produits dangereux – alors que Bruxelles vient tout juste d’ouvrir une enquête.
« Nous avons un taux de non-conformité et de dangerosité de ces produits qui reste trop important », explique ce mardi Sarah Lacoche, directrice générale de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes ), dans le Financial Times.
La cheffe de la conformité à Bercy souligne que les plateformes en ligne comme Shein et Temu continuent de commercialiser des produits dangereux, malgré les taxes imposées sur les petits colis et malgré le procès en France lié à la commercialisation de poupées pédopornographiques – procès en partie perdu en appel par l’Etat, qui n’a pas pu suspendre la marketplace comme il l’aurait souhaité.
Les marketplaces ont retiré 100.000 produits de leurs rayons en un an, après que la DGCCRF ait découvert que 46% des articles commercialisés ne respectaient par les normes européennes. Bercy accentue en outre ses contrôles, qui ont triplé sur la période.
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La France presse désormais Bruxelles d’agir de façon efficace, à son échelle. En février, la Commission européenne a ouvert une enquête contre Shein, pour les objets sexuels comme les poupées pédopornographiques, ainsi qu’en raison de son « design addictif ». En retour, Shein a estimé qu’elle contribuait déjà à pleinement coopérer avec l’institution.
En 2022, l’UE s’est par ailleurs doté d’un outil permettant de sanctionner une plateforme à hauteur de 4% de son chiffre d’affaires en cas de manquement grave – et elle peut poursuivre Shein ou Temu au titre du Digital Services Act, pour la vente de produits illégaux. L’administation bruxelloise estime de son côté qu’elle sanctionnera surtout les plateformes qui n’agissent pas, malgré des alertes répétées, pour lutter contre les produits dangereux. En attendant, la France pousse pour plus d’encadrement.
« Nous attendons avec impatience de connaître les conclusions de l’enquête et de savoir si des sanctions seront prononcées, car je pense que c’est ainsi que nous pourrons vraiment prendre cette affaire en main », explique Sarah Lacoche, rappelant que le « risque d’accident ou de décès » était « réel ».
« Soit nous exigeons rapidement que les plateformes mettent en place des mesures pour mieux maîtriser les risques, soit des sanctions seront prises », a-t-elle déclaré.
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