Trois femmes veulent rompre le silence : une victime présumée, une lanceuse d’alerte et une collaboratrice de l’homme mis en cause. Leur souhait : que justice soit faite. Mais elles affirment craindre des représailles. Vous ne verrez donc pas leurs visages.
Nous appellerons Céline, celle qui dit avoir été sous l’emprise du cadre de l’Education nationale, mis en examen pour des faits graves à caractère sexuel. Au début, elle n’était qu’une collégienne ; elle n’a pas vu le piège se refermer sur elle. Comment imaginer le danger ?
Au fil du temps, l’homme a gravi les échelons. Selon la jeune femme, il ne la lâche pas d’une semelle.
Son témoignage est empreint de pudeur, mêlée à la honte d’avoir été manipulée. Devenue adulte, Céline brise le secret ; c’était il y a seulement quelques années.
Céline ne serait pas la seule piégée par l’individu, mais le silence est encore pesant. Alors, une autre femme raconte ; un témoignage par procuration.
Dans les établissements scolaires et là où passe le fonctionnaire, les langues se délient peu à peu. On entend plus que des rumeurs, des mises en garde qui circulent entre collègues. Notre troisième témoin n’a pas été approchée par l’individu, mais à son travail, elle aussi aurait croisé le chemin de victimes présumées. Elle est devenue lanceuse d’alerte.
Et aux côtés de ces femmes, depuis plusieurs mois, un syndicat brandit son bouclier.
Le cadre de l’Education nationale est suspendu de ses fonctions jusqu’à nouvel ordre. Il est mis en examen pour harcèlement moral et sexuel sur deux femmes. Nous avons contacté son avocat, qui n’a pas souhaité s’exprimer pour le moment.
REPORTAGE/
- Rédactrice : Marie-Lyne Plaisir
- Reporteur d’images : Ludovic Gaydu
- Monteur : Frédéric Peyron
- Mixeur : Cédric Jean-Baptiste
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