Agriculture : la Guadeloupe face au défi de la souveraineté alimentaire

Et si la Guadeloupe arrêtait d’être un supermarché dépendant des bateaux et devenait enfin une terre qui se nourrit ?

À Bonneveine, à Petit-Canal, les initiatives qui visent à promouvoir une agriculture durable et à valoriser les produits locaux sont en plein essor. L’exploitation de M. Salade défend une autre manière de produire et de consommer. Les consommateurs récoltent eux-mêmes leur panier de légumes bio.

Dans ce champ cultivé de toutes sortes de produits, ils sont nombreux à venir cueillir les légumes qu’ils souhaitent manger. Avec l’augmentation des prix, cette formule de M. Salade est devenue essentielle pour Stéphane.

« C’est vraiment génial de pouvoir cueillir ses propres fruits, ses propres légumes. C’est top, quoi. »

Stéphane, cueilleur

Mais derrière ces légumes bio bien de chez nous, 80 % de la nourriture consommée par Stéphane est importée. Le consommateur estime que la souveraineté alimentaire peut être un objectif susceptible de réduire les prix.

« C’est vrai que c’est aussi un avantage : on a une production locale, donc pas forcément bloquée sur des bateaux avec des grèves, etc. »

Stéphane, cueilleur

Et si la Guadeloupe arrêtait d’être un supermarché dépendant des bateaux et devenait enfin une terre qui se nourrit ? À cette question, la réponse de Claudette est loin d’être surprenante.

« Si les bateaux n’arrivent plus, je suis sûre que je ne mourrai pas de faim. Que du local ! »

Claudette · ©Traduit du créole

Venir dans les terres de Bonneveine, à Petit-Canal, n’est pas si loin pour cette habitante de Sainte-Anne.

« Je suis venue avec la famille et je viens même une fois par mois faire mes achats. Aujourd’hui, j’ai pris des aubergines, des patates douces, de la laitue… Vraiment, c’est du local, une laitue bien fraîche. »

Claudette

Ici, les initiatives qui visent à promouvoir une agriculture durable et à valoriser les produits locaux sont en plein essor. Et cela va de pair avec les attentes de ces consommateurs. Les stratégies de M. Salade pour faire progresser cette autonomie alimentaire semblent être en bonne voie.

« La présence des Guadeloupéens sur l’exploitation agricole nous montre qu’ils ont un intérêt. Ils ont vraiment envie que les choses changent et s’améliorent, que ce soit au niveau du prix ou de la qualité des produits. »

Magaly Bougrer, responsable commerciale

Chercheuse et maître de conférences en science politique à Université des Antilles, Paméla Obertan partage ses savoirs sur une Guadeloupe qui privilégie le développement durable, le respect de la nature et l’autosuffisance alimentaire.

« Avoir la maîtrise des semences, avoir par exemple des fertilisants, comme ici avec les pois qui fertilisent le sol et c’est bon pour le bananier. Donc trouver des solutions, ça existe déjà. Il y a des agriculteurs qui le font. Par exemple, tous les agriculteurs bio, tous ceux qui font de l’agroécologie, n’utilisent pas de produits venant de l’extérieur. »

Paméla Obertan, maître de conférence en sciences politiques, Université des Antilles

Une Guadeloupe souveraine sur le plan alimentaire : pour les experts, c’est possible. Mais cela nécessite bon nombre d’ajustements, notamment l’accompagnement des acteurs vers ce changement de production et de consommation.

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