Au Mali, des dizaines de morts dans de nouvelles attaques des groupes djihadistes

Des dizaines de personnes sont mortes dans de nouvelles attaques djihadistes, vendredi 8 mai, dans le centre du Mali. Ces tueries ont eu lieu dans la même zone où, deux jours auparavant, les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (le GSIM), allié à Al-Qaida, avaient assassiné au moins 30 personnes. « Les groupes armés sont revenus hier (vendredi) et ont attaqué de nouveaux villages (notamment Kouroude et Dougara), faisant augmenter le bilan à plus de 70 morts » au total, a indiqué à l’AFP un élu local sous couvert d’anonymat, pour des raisons de sécurité.

Ces attaques sanglantes, qui soulignent l’impuissance des autorités et de leurs alliés russes à faire face à la violence débridée de ces groupes, interviennent deux semaines après des attaques coordonnées d’une ampleur inédite, menées les 25 et 26 avril par des djihadistes du GSIM et la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg. Les militaires au pouvoir à Bamako ont alors perdu le contrôle de plusieurs localités dans le nord du pays, notamment la ville clé de Kidal, évacuée par leurs supplétifs russes. Le ministre de la défense, Sadio Camara, un des piliers de la junte, avait également été tué à Kati, une ville garnison située non loin de Bamako, lors de cette attaque.

Bamako sous blocus

Dans la foulée, les groupes djihadistes ont annoncé vouloir mettre en place un blocus autour de la capitale pour l’asphyxier. Samedi, plusieurs bus de transport à destination de Bamako ont été incendiés dans le centre du Mali, selon des témoins. Plusieurs axes essentiels menant vers la métropole de quatre millions d’habitants sont désormais bloqués, alors que le Mali, pays enclavé, est dépendant d’importations par la route.

En difficulté, la junte au pouvoir tente de mobiliser ses partisans. Samedi, environ un millier de personnes se sont rassemblées à Bamako pour la soutenir. Parmi les manifestants, beaucoup étaient drapés aux couleurs verte, jaune et rouge du Mali. Certains arboraient également des pancartes avec des messages de soutien à la junte. « À bas la France », « non aux traîtres de l’intérieur », a notamment scandé la foule. Environ 200 personnes se sont aussi rassemblées, samedi matin, à Sikasso, pour apporter leur soutien aux militaires.

Ces derniers jours, la junte a procédé à une vague d’arrestations, dans les rangs militaires, mais aussi au sein de la société civile. Me Mountaga Tall, un avocat de renom, interpellé par des hommes armés, est porté disparu. « Des informations très préoccupantes font état d’exécutions et d’enlèvements extrajudiciaires qui auraient été perpétrés par des membres des forces de sécurité à la suite des attaques des 25 et 26 avril », s’est inquiété depuis Genève un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le 5 mai.

La junte intransigeante

Le pouvoir refuse, pour l’heure, toute idée de négociation avec les groupes armés. « Le gouvernement du Mali n’envisage pas de dialogue avec les groupes armés terroristes sans foi ni loi, qui portent la responsabilité des événements tragiques que vivent nos populations depuis des années », a déclaré le ministre des affaires étrangères Abdoulaye Diop lors d’une rencontre, jeudi 7 mai, avec le corps diplomatique.

Dimanche, Léon XIV a fait part de son inquiétude par rapport à la situation dans le Sahel, notamment au Mali. « J’ai appris avec préoccupation les informations faisant état d’une violence croissante dans la région du Sahel, en particulier au Tchad et au Mali, touchés par de récents attentats terroristes », a déclaré le pape à l’issue de la prière Regina Caeli sur la place Saint-Pierre au Vatican.

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