À 77 ans, l’heure de la retraite a finalement sonné pour Luc Auger.
Après 55 années à jouer dans les cheveux de ses clients tout en discutant avec eux, le coiffeur fermera boutique à la fin de la semaine prochaine pour entreprendre un nouveau chapitre de vie.
Le commerçant a élu domicile et fait construire maison et salon adjacent dans le secteur de Beresford en 1986 après avoir décidé de plier bagage et de quitter le Québec avec son épouse à destination de la région Chaleur.
L’aventure du natif de la Ville de Québec a débuté en 1971, alors que Luc Auger décide d’ouvrir un salon de coiffure à LaSalle, qui est situé au sud-ouest de l’île de Montréal.
À cette époque, une coupe de cheveux pour homme coûtait à peine un peu plus de un dollars.
Même si les affaires vont relativement bien à cette époque, il décide quelque part en 1986 de vendre son commerce et sa maison de Châteauguay. Il réalise le tout en une seule semaine, sans intermédiaires et commissions à payer.
Habitué de la région Chaleur qu’il visitait régulièrement durant ses vacances, il s’installe sur la rue Principale à Beresford et reprend immédiatement du service en coiffure, sous l’appellation Salon Luc.

Le futur retraité donnera ses derniers coups de ciseaux et de rasoir l’après-midi du 1er mai, comme il le fait depuis plus de cinq décennies.
Le décor intérieur n’a pas énormément changé au fil des années, tout comme le commerçant qui n’a jamais adopté les paiements électroniques ni les réseaux sociaux pour mousser ses services.
Ses clients réguliers ont l’habitude de retrouver sur place le téléviseur qui diffuse religieusement l’émission matinale quotidienne Salut Bonjour et une copie de l’édition du jour de l’Acadie Nouvelle que feuillettent ces derniers en attendant leur tour sur la grande chaise de coiffure.
Même s’il était pleinement investit dans son commerce et son métier, Luc Auger a soigneusement évité de se tuer à l’ouvrage, se limitant depuis plusieurs années à travailler quatre jours par semaine, en fermant boutique à 16h et en s’accordant une pause-repas de 60 minutes tous les jours d’ouverture.
Une moyenne d’une vingtaine de clients visitent le salon au quotidien, dont quelques-uns depuis les toutes premières années d’ouverture.
«Le nombre de clients que j’ai compté c’est incroyable… J’en compte aussi beaucoup qui sont décédés au fil des années», a raconté M. Auger.
Plusieurs dizaines de milliers de conversations ont meublé la carrière du coiffeur qui en a entendu de toutes les sortes.
«Disons que je suis un peu psychologue par moments. J’ai entendu plein de choses que je ne devais pas nécessairement savoir, des vertes et des pas mûres et des histoires de divorce et de séparation à la tonne!», a révélé le principal intéressé, sans toutefois vouloir briser le secret professionnel.
Luc Auger dit ignorer ce qu’il adviendra de son petit local commercial. Après avoir jonglé avec la possibilité de louer ses installations à un tiers, il est actuellement à évaluer ses options.
«J’ai pensé louer mon local et mon équipement, mais l’idée de voir des voitures de clients stationnées tout près de chez moi plusieurs jours par semaine ne me plaît pas beaucoup», a indiqué le coiffeur.
Une fois retraité, il entend faire un peu de camping et travailler sur sa maison et son véhicule récréatif.
«Les six premiers mois vont ressembler un peu à des vacances, après ça sera une autre histoire», a raconté celui qui dit recevoir depuis peu des cartes de souhaits et des bouteilles de vin de la part de clients en guise de cadeaux de départ.
Crédit: Lien source

