Haïti : les élections reportées jusqu’en décembre 2026

Dans un entretien exclusif avec le quotidien haïtien, le Nouvelliste, Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre provisoire d’Haïti, a affirmé au journaliste Roberson Alphonse qu’il sera « irresponsable » d’organiser les élections vu l’état d’insécurité dans le pays.

Selon les chiffres publiés par le BINUH, Bureau intégré des Nations-Unies en Haïti, entre janvier et mars 2026, on estime que 1642 personnes ont été tuées et 745 d’autres blessées. Une grande partie de la population vit dans « l’insécurité quotidienne ».

Dans l’entretien avec le Nouvelliste, réalisé lors d’une visite au Vatican du 9 mai, Alix Didier Fils-Aimé réaffirme qu’il compte sur le nouveau déploiement de la FRG, Force de répression et gangs et l’augmentation de l’effectif de la Police nationale d’Haïti et le FAD’H, les Forces armées, pour rétablir de l’ordre dans le pays.

Alix Didier Fils-Aimé est catégorique : « L’installation d’un président, élu par le peuple haïtien aura lieu d’ici 7 février 2027 ».

Les élections présidentielles, sénatoriales et législatives se tiendront simultanément.

Polémique autour des listes électorales

Le Premier ministre par intérim d’Haïti a également affirmé que le décret électoral sera bientôt voté.

L’article 139 du décret exige que chaque parti politique éligible dispose d’un minimum de 30.000 adhérents, “jouissants de leurs droits civiques et politiques”.

Fils-Aimé a expliqué au journaliste Roberson Alphonse qu’il souhaite qu’il y ait entre 15 et 20 candidats à la présidence et que les partis politiques trouvent un moyen de se regrouper.

« Avec les finances dont dispose l’Etat, je ne crois pas que ce serait de bon ton d’avoir 100, 120 candidats à la présidence sur un bulletin de vote. Ce n’est pas une encyclopédie que nous donnons à la population pour faire son choix. Pour aller aux élections, il faut démontrer que vous avez déjà un minimum de support. »

Alix Didier Fils-Aimé, premier ministre par intérim d’Haïti en entretien avec Le Nouvelliste

Le CEP, Conseil électoral provisoire d’Haïti a officiellement enregistré 320 partis politiques qui comptent participer aux prochaines échéances électorales. Ces listes ont été bouclées depuis mars 2026.

Dans une tribune publiée le 8 mai 2026 par le journal en ligne, Alterpresse, l’exigence imposée à chaque parti de trouver 30.000 adhérents est “irréaliste”.

Selon les calculs, il sera pratiquement impossible pour chaque parti de trouver 30.000 adhérents surtout si ces personnes “ne peuvent pas être comptabilisées par plusieurs partis”.

« Le CEP comme le gouvernement savent bien que cette proposition de décret est arithmétiquement irréalisable pour tous…l’argument invoqué peut s’entendre, mais il ne justifie pas qu’on change les règles en cours de route d’une manière qui rend le processus plus compliqué qu’il ne l’était au départ. »

Tribune de Michel Legros publié dans Alterpresse

On estime que l’article 139 du décret électoral va “ouvrir une nouvelle séquence de contestations et de complications politiques susceptibles de retarder davantage le processus électoral”.

Cette initiative servirait les intérêts de “ceux qui veulent rester indéfiniment au pouvoir”.

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