Pendant longtemps, les scientifiques ont imaginé les premiers peuples d’Amérique du Sud comme des groupes relativement isolés après leur arrivée sur le continent. Une nouvelle étude du magazine Nature remet fortement en cause cette vision. Grâce à l’une des plus vastes bases de données ADN jamais constituées sur les populations autochtones américaines, les chercheurs mettent en évidence des échanges anciens entre régions parfois séparées par des milliers de kilomètres.
Ainsi, les humains ne se sont pas installés en Amérique du Sud en seulement deux vagues migratoires, la première il y a environ 15.000 ans, et la seconde il y a environ 9.000 ans, comme on le croyait encore récemment. La nouvelle étude, relayée par le magazine américain Smithsonian, révèle l’existence d’une troisième vague migratoire, jusqu’alors inconnue. Des groupes autochtones vivant dans le centre et le sud du Mexique se sont dispersés en Amérique du Sud et dans les Caraïbes il y a environ 1 300 ans.
L’étude confirme également une découverte surprenante issue de recherches antérieures : certains Amérindiens partagent environ 2% de leur ADN avec des individus originaires d’Australie, de Nouvelle-Guinée et des îles Andaman. Cette ascendance australasienne remonte à plus de 10 000 ans, suggérant des métissages entre les anciennes populations sud-américaines et les ancêtres australasiens.
Les chercheurs montrent aussi que l’histoire démographique sud américaine ne suit pas un modèle simple de migration unique suivie d’un isolement régional. Au contraire, les échanges semblent avoir été fréquents et anciens, avec des circulations humaines permanentes entre différentes zones géographiques. Cette approche nuance fortement l’image d’une Amazonie coupée du reste du continent avant l’époque coloniale.
L’étude souligne aussi une limite importante des tests ADN commerciaux, le manque historique de données autochtones sud américaines dans les bases de comparaison. L’intégration de nouveaux profils génétiques permet désormais d’affiner certaines estimations d’origines et d’améliorer la compréhension des métissages liés à la colonisation espagnole et portugaise.
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