Intrusion nocturne au zoo de Guyane : un bébé tapir a disparu

Depuis cette nuit, Camopi, une femelle tapir du Zoo de Guyane, est dans un état de stress important. L’animal reste dans l’attente de son petit, né il y a un mois et demi. Le jeune tapir était en parfaite santé et faisait partie d’un programme de reproduction et de conservation. Mais dans la nuit de mardi à mercredi, quatre individus se sont introduits dans le zoo. Sur les images des caméras de surveillance, on observe leur présence vers 1h30 du matin. Les images montrent clairement leur mode opératoire : découpe des grillages, intrusion dans l’enceinte, puis progression ciblée vers l’enclos des tapirs.

Deux hypothèses…

Depuis, le bébé tapir reste introuvable. Deux hypothèses sont envisagées : l’animal pourrait être encore être caché dans la végétation ou avoir été emporté. Hypothèse la plus probable. « Il était tellement jeune qu’il n’avait même pas encore de nom, se désole Lilian Girou, directeur du Zoo de Guyane. Nous avions prévu d’organiser un concours pour lui trouver un nom qui lui serait donné au moment où on pose sa puce… » L’émotion est forte au sein des équipes. « On est tous traumatisés », confie-t-il, évoquant également la valeur sentimentale de l’animal.

« C’est encore un bébé, il ne pourra pas survivre sans sa mère »

Lilian Girou, directeur du zoo de Guyane

Le tapir dépend de sa mère pendant plusieurs mois, notamment pour son alimentation et son développement au moins jusqu’à ses six mois. Une séparation prolongée compromet gravement ses chances de survie. Dans l’enclos, la mère a été retrouvée, tout comme l’autre tapir adulte.

Une atteinte à un programme de conservation

Le tapir est une espèce emblématique de la Guyane et protégée. Le petit disparu s’inscrivait dans un programme de conservation mené depuis de longs mois. « C’est piétiner un travail de reproduction engagé depuis longtemps », déplore Lilian Girou. Au-delà de la perte animale, c’est aussi une atteinte à la biodiversité locale et aux efforts scientifiques. 

Au zoo de Guyane, un précédent avait déjà marqué les esprits : une tentative d’effraction, il y a quelques mois, notamment pour s’en prendre à un mâle tapir, sans succès cette fois-là : l’animal s’était farouchement défendu. En septembre dernier, un serpent avait toutefois été subtilisé..

Enquête en cours et renforcement de la sécurité

Une plainte a été déposée et les images ont été transmises à la gendarmerie. Les enquêteurs tentent d’identifier les auteurs et d’établir d’éventuels liens avec d’autres affaires. « Ce n’est pas une bonne idée de s’attaquer à un zoo », prévient Lilian Girou, rappelant que le site est équipé de nombreuses caméras. Face à la situation, le zoo prévoit de renforcer encore son dispositif : nouvelles caméras, systèmes d’alarme supplémentaires. Un investissement contraint que regrette la direction, qui imaginait investir ces fonds ailleurs. « On est là pour préserver les animaux, pas pour dépenser des milliers d’euros en sécurité », déplore le directeur.

   Au-delà de l’acte, c’est l’incompréhension qui domine. Le directeur du zoo compare cet acte à une dégradation volontaire du patrimoine naturel : « C’est comme arracher des plantes dans un jardin botanique. » Pour lui, ces comportements mettent en péril les efforts de conservation en Guyane.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.