Le conflit social autour de la chambre mortuaire du CHUM se poursuit. Dans un communiqué, la CGTM Santé annonce réactiver le préavis de grève déposé le 25 mars 2026, à compter du lundi 11 mai.
Le syndicat rappelle qu’une réunion de négociation s’était tenue le 7 avril dernier dans la salle du club médical. Selon la CGTM Santé, la direction avait alors pris plusieurs engagements concernant l’amélioration des conditions de travail et l’accompagnement des agents.
Mais plus d’un mois après cette rencontre, aucun protocole n’aurait été transmis pour signature, malgré une relance effectuée le 22 avril par le syndicat.
Le syndicat dénonce le déplacement forcé des agents
La CGTM Santé accuse également la direction du CHUM de mener des actions punitives à l’encontre des agents de la morgue.
D’après le syndicat, un agent aurait déjà été déplacé et trois autres auraient été informés d’une décision de mobilité, avant d’être convoqués le 21 avril « au motif de l’intérêt du service ».
Les agents concernés auraient contesté les accusations formulées contre eux et affirmé leur volonté de rester au sein du service.
Pour Magalie Zamor, secrétaire générale de la CGTM Santé, la direction revient aujourd’hui sur ses engagements initiaux.
« Il y a eu des engagements au niveau de l’administration en termes d’amélioration des conditions de travail, d’accompagnement des agents, de montée en compétence. Aujourd’hui, nous n’avons toujours pas signé de protocole. »
Magalie Zamor, secrétaire générale de la CGTM Santé
Un plan d’action critiquée
La représentante syndicale critique également la gestion actuelle de la crise par la direction.
« Aujourd’hui la direction revient sur ces engagements. Le ton a changé. On nous dit qu’il y a beaucoup de plaintes, beaucoup de remontées d’insatisfaction… Mais l’administration a fait quoi jusqu’à maintenant ? »
Magalie Zamor, secrétaire générale de la CGTM Santé
Selon elle, les difficultés du service ne peuvent être imputées uniquement aux agents.
« « Aujourd’hui la direction a décidé d’un plan d’action et c’est quoi ? La mobilité des agents. Est-ce ainsi qu’on résout les problèmes ? On dit non…On ne peut pas prendre les agents comme boucs émissaires. »
Magalie Zamor, secrétaire générale de la CGTM Santé
La secrétaire générale insiste également sur l’expérience des agents de la morgue.
« Les agents qui ont 30 ans de carrière, une expertise, qui ont tout donné à cette morgue… aujourd’hui on veut les déplacer sans accompagnement », poursuit-elle, réclamant une nouvelle rencontre avec la direction.
Des années de tensions au sein du service
Cette nouvelle mobilisation intervient dans un contexte déjà tendu au sein de l’unité médico-judiciaire du centre Pierre Zobda Quitman.
Depuis plusieurs années, le service fait face à de nombreux dysfonctionnements, notamment à cause du manque d’effectifs et d’équipements, mais aussi de la hausse importante des décès liés à des faits de violence.
En 2024 déjà, le syndicat Force Ouvrière Santé alertait sur une morgue « au bord de la saturation », faute de places suffisantes pour accueillir temporairement les défunts.
Face à ces difficultés, la direction du CHUM avait annoncé en mars dernier une réorganisation en profondeur du service funéraire.
Plus récemment, une enquête judiciaire a également été ouverte après la disparition d’ossements et de scellés au CHU de Martinique.
Crédit: Lien source