Nous demeurons préoccupés par l’impact régional du conflit au Soudan

Monsieur le Président,

Tous nos vœux vous accompagnent pour votre présidence du Conseil de sécurité.

Je voudrais remercier la Sous-Secrétaire générale pour l’Afrique, Mme Martha Pobee, ainsi que l’Envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique, M. Guang Cong, pour leurs interventions et leurs remarques.

Comme cela a été rappelé, l’instabilité préexistante à Abiyé est aggravée par l’escalade du conflit au Soudan, ainsi que par les tensions au Soudan du Sud. La présence des Nations unies en est d’autant plus importante. Je voudrais rappeler trois points.

Tout d’abord, nous demeurons préoccupés par l’impact régional du conflit au Soudan, le risque de propagation au Soudan du Sud et l’impact à nouveau sur Abiyé.

La France appelle au retrait immédiat des Forces de soutien rapide du secteur nord d’Abiyé. Leur présence entre en violation de l’accord de 2011 et intimide les populations locales.

La France condamne les violations des droits civiques et politiques perpétrées par les Forces de soutien rapide à Abiyé. Ces violations alimentent le climat d’insécurité produit par les affrontements armés intercommunautaires et la criminalité.

Au Soudan, il est urgent que les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide reprennent des négociations pour conclure sans délai un cessez-le-feu et créer les conditions nécessaires à la tenue d’un processus politique inclusif, crédible et transparent.

Monsieur le Président,

Les autorités soudanaises et sud-soudanaises doivent s’engager de toute urgence pour lever les entraves au bon fonctionnement de la FISNUA.

Le Conseil de sécurité, en renouvelant le mandat de la mission, a énoncé clairement ses attentes en la matière :

(i) le retrait des deux parties, ainsi que de toutes les forces armées et de tous les éléments armés non autorisés, présentes en contravention du statut démilitarisé d’Abiyé ;

(ii) la reprise des réunions du Mécanisme conjoint pour les questions politiques et la sécurité (JPSM) avec la participation des deux parties afin d’accomplir des progrès mesurables sur la démarcation de la frontière ;

(iii) l’établissement de forces de sécurité conjointes à Abiyé ;

(iv) l’octroi des visas aux policiers et aux agents pénitentiaires mandatés dans le cadre de la mission ;

(v) la nomination rapide d’un adjoint civil au chef de Mission.

Nous appelons les autorités soudanaises et sud-soudanaises à prendre les mesures nécessaires en ce sens. Ces mesures sont essentielles à la mise en œuvre du mandat de la FISNUA mais elles n’ont pas vocation à déterminer l’avenir de la Force, lequel doit reposer sur une analyse de la situation politique et sécuritaire sur le terrain.

Monsieur le Président,

La France salue l’engagement de la FISNUA et lui réitère son soutien.

Dans le contexte actuel, le rôle de la FISNUA est d’autant plus déterminant pour protéger les civils, faciliter l’aide humanitaire et promouvoir le dialogue intercommunautaire.

La Force accomplit ce travail indispensable dans un environnement dangereux. La France a condamné avec la plus grande fermeté l’attaque de drones contre la base de Kadugli, qui a tué six Casques bleus bangladais et fait neuf blessés en décembre dernier. La France renouvelle ses condoléances aux autorités du Bangladesh ainsi qu’aux familles des victimes.

Les responsables devront rendre des comptes, alors que l’attaque a provoqué la suspension de la présence physique du Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière jusque-là déployé dans la zone frontalière démilitarisée.

La France encourage la Force à identifier des alternatives pour que ce mécanisme conjoint puisse continuer à mettre en œuvre son mandat pour contribuer à la stabilisation d’Abiyé.

La France exprime enfin son soutien à l’Envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique, M. Guang Cong, et à ses efforts de médiation pour la pleine mise en œuvre des accords de 2011 et de 2012.

La France reste déterminée à soutenir les efforts en vue du retour de la paix, du règlement des conflits qui affectent les peuples soudanais et sud-soudanais.

Je vous remercie.

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