Nouvelle mobilisation de marins-pêcheurs, contre l’arrêté préfectoral réglementant la profession

La colère de dizaines de marins-pêcheurs s’est une nouvelle fois exprimée, ce lundi matin (11 mai 2026), contre l’arrêté préfectoral daté du 3 juillet 2025*, qui réglemente l’exercice de leur profession. Les membres de l’intersyndicale à l’origine de ce mouvement de grogne ont bloqué le siège du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins des îles de Guadeloupe (CRPMEM-IG), à Pointe-à-Pitre. Pour eux, cette instance représentative ne défend pas leurs intérêts comme il se doit.

La langouste, interdite de pêche durant 2 mois

Le déclencheur de cette énième mobilisation est l’interdiction de pêche de la langouste, entrée en vigueur le 1er mai dernier. En effet, ces lucratifs crustacés ne peuvent être ni péchés, ni conservés, ni vendus, ni achetés durant deux mois, en mai et en juin.

En octobre et novembre, c’est le poisson perroquet qui bénéficiera du même traitement, au grand dam des pêcheurs. Ce régime était déjà imposé concernant le lambi, qui ne peut être capturé que durant 4 mois dans l’année. D’autres espèces font l’objet de restrictions diverses (poids, taille, délivrance d’une autorisation spécifique…), voire d’interdictions pures et simples.

Ces actions de pêche ont été réglementées sans qu’une aide compensatoire soit allouée aux marins-pêcheurs, pour leur permettre de survivre, dénoncent les manifestants.

Des contrôles intempestifs ?

Par ailleurs, les professionnels mobilisés considèrent, de façon très imagée, qu’on leur a mis un bracelet électronique à la cheville. Ils se sentent prisonnier d’un système qui les oppresse au lieu de les aider, dans lequel les contrôles sont légion et où il leur est imposé de fournir foule de justificatifs. Dans ce contexte, ils se disent verbalisés pour un oui ou pour un non.

Ils ont sollicité le préfet, pour une réunion autour de l’arrêté controversé. Thierry Devimeux a accepté cette rencontre, d’ores et déjà fixée au 21 mai prochain.

Pour autant, les professionnels ont tenu à marquer le coup, aujourd’hui, en se mobilisant. Il est important pour eux, de se faire entendre, notamment de la population locale, friande de poisson frais.

« Aujourd’hui, nous nous sommes rassemblés parce que la pêche va très mal (…). Lorsqu’on entend parler de VMS**, d’algues rouges, de sargasses… les pêcheurs ne peuvent plus ! Ils ne peuvent vraiment plus ! »

Jean-Michel Landre, secrétaire général du syndicat CGT Marins

« Les pêcheurs ne peuvent plus travailler, ne peuvent pas fonctionner, alors qu’ils ne veulent que nourrir leurs familles. Le mouvement ira crescendo. Nous ne menaçons personne mais, nous, nous sommes menacés. Nous sommes d’autant plus menacés que le prix du carburant a augmenté… et ce n’est qu’un début. »

Thierry Hatil, secrétaire général du syndicat UR-CFDT

Un arrêté d’emblée objet d’une levée de bouclier

L’arrêté portant réglementation de la pêche maritime professionnelle en Guadeloupe, signé le 3 juillet 2025, a été rédigé après une consultation publique menée du 23 décembre 2024 au 24 janvier 2025. L’objectif des autorités est d’aboutir à une gestion durable des ressources halieutiques et de la préservation des écosystèmes marins.

Mais d’emblée, des associations de pêcheurs ont estimé les mesures correspondantes incohérentes, voire dangereuses pour la profession. Le texte, qu’une intersyndicale juge particulièrement restrictif, a été contesté devant le tribunal administratif, le 22 juillet dernier. Mais la juridiction a rejeté sa demande de suspension.

POUR ALLER PLUS LOIN/

*L’arrêté préfectoral est consultable ci-dessous :

**Les données VMS (Vessel Monitoring System) correspondent aux données du système communautaire de surveillance par satellite des navires de pêche, qui fournit aux autorités de pêche, à intervalles réguliers, des données sur la position, la route et la vitesse des navires (source : pigma.org).

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.